Le biognv ou le développement d’une énergie durable en seine-et-marne

Depuis plusieurs années, le Département de la Seine-et-Marne impulse une dynamique favorisant la transition énergétique et écologique sur le territoire. Il s’est engagé pour accompagner la transition vers une énergie verte, décarbonée et renouvelable, en initiant une politique partenariale pour un développement durable de la filière méthanisation, la Charte « CapMétha77 ». L’objectif est double : couvrir 75 % des besoins énergétiques en gaz des ménages grâce au biométhane à horizon 2030, soit 2,5 TWh/an et contribuer à une mobilité décarbonée avec un gaz produit localement, le BioGNV. Explications.

Logements mieux isolés, villes moins polluées grâce à la création de zones à faibles émissions ou la fin des ventes des véhicules émettant plus de 95 g CO2/km, moins d’avions et plus de trains, une alimentation plus durable, des citoyens mieux informés, moins d’emballages, moins de bétonisation des terres, un renforcement de la protection judiciaire de l’environnement, soutien aux énergies renouvelables notamment le biogaz…

La transition écologique s’accélère dans tous les domaines du quotidien, dans tous les secteurs d’activités et à toutes les échelles. La promulgation de la Loi Climat et Résilience en août 2021 y est pour quelque chose et renforce ainsi les engagements pris par la France depuis l’Accord de Paris sur le climat. Et grâce à la Stratégie Nationale Bas-Carbone, le Gouvernement français s’appuie aussi sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie pour :

  • Diminuer très fortement nos émissions de CO2 en décarbonant notre production d’énergie,
  • Réduire notre consommation d’énergie de moitié d’ici 2050,
  • Diversifier notre mix énergétique en développant les énergies renouvelables.

La transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable est donc bien lancée, et la Seine-et-Marne est l’un des départements les plus actifs en matière de transition énergétique et écologique. Un de ses leviers majeurs dans le domaine : la méthanisation et le développement du BioGNV. Voici un rapide décryptage ainsi qu’un aperçu des perspectives à venir sur le territoire.

GNV ET BIOGNV, QUELLE DIFFÉRENCE ?

Le gaz naturel utilisé comme carburant pour le transport routier est appelé gaz naturel véhicule (GNV). D’origine fossile, Il existe sous deux formes : comprimé sous forme gazeuse (appelé GNC) ou liquide refroidi à -163 °C (appelé alors GNL). Sous sa forme comprimée, le GNV est délivré grâce aux réseaux de distribution ou transport de gaz naturel géré par GRDF et GRTgaz. Le BioGNV, lui, est la version renouvelable du GNV. Ce gaz a les mêmes caractéristiques que le GNV, mais il est obtenu grâce à la méthanisation de matières organiques. Avec le BioGNV, nous pouvons donc rouler durablement grâce à un carburant décarboné produit localement. Le BioGNV est donc un carburant propre qui limite très fortement la pollution de l’air et les gaz à effet de serre. Sans odeur et silencieux, il est plus respectueux de la santé. Il se prête particulièrement au transport régional de marchandises et de voyageurs.

Les véhicules BioGNV permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % par rapport au gazole. Ils émettent des quantités de polluants inférieurs aux seuils de la norme Euro 6 et réduisent le bruit de moitié par rapport aux véhicules diesel. Le BioGNV s’appuie sur toute une filière au service de l’amélioration de la qualité de l’air des territoires. Cette filière rassemble des acteurs travaillant ensemble pour construire la mobilité durable de demain : collectivités locales, transporteurs (personnes, logistique, collecte de déchets, véhicules légers) ou bien encore des entreprises gazières.

BIOMÉTHANE OU GAZ VERT : LE TRAITEMENT DES BIODÉCHETS PAR LA MÉTHANISATION

Le BioGNV est produit à partir de la valorisation de matières organiques fournis par les agriculteurs, les entreprises de l’agroalimentaire ou encore les collectivités, avec la valorisation des biodéchets. Les biodéchets ne sont plus uniquement de simples déchets. Ils constituent une ressource d’énergie dont nous pouvons tirer parti grâce au processus de méthanisation. En dégradant la matière biologique par fermentation, il permet de produire un biogaz qui, une fois épuré, peut être utilisé à la façon du gaz naturel d’origine fossile. La méthanisation crée également un co-produit : les digestats. Ils constituent des produits fertilisants et amendants très efficaces pour les cultures et les sols, pouvant se substituer aux engrais chimiques. Ils contribuent ainsi au développement d’une agriculture durable.

S’inscrivant de fait dans une logique d’économie circulaire, la méthanisation apporte de nouveaux débouchés économiques avec la production et la vente d’une énergie renouvelable. Celle-ci est destinée aux usages résidentiels et industriels, comme aux mobilités et plus particulièrement des entreprises et des collectivités. La dimension agricole de la Seine-et-Marne en fait un territoire à fort potentiel pour la production de biogaz. À terme, c’est l’équivalent de 290 000 ménages (sur les 540 000 que compte le département) qui pourraient être alimentés en gaz renouvelable pour les usages quotidiens (chauffage et autres usages domestiques).

QUELLES ACTIONS VERTES EN SEINE-ET-MARNE ?

Avec 22 méthaniseurs, majoritairement agricoles sur son territoire, la Seine-et-Marne est l’un des départements français les plus dynamiques en matière de méthanisation et le premier en Île-de-France. Le Conseil départemental développe de nombreuses actions favorisant la création de nouvelles installations de méthanisation pour offrir de nouveaux débouchés à son agriculture, alimenter les foyers seine-et-marnais en gaz renouvelable et promouvoir une mobilité propre grâce au gaz naturel pour véhicules et sa version verte, le BioGNV.

LES DATES CLÉS D’UN ATTACHEMENT AUX ÉNERGIES VERTES EN SEINE-ET-MARNE

  • 2013 : installation du premier site d’injection de biométhane de France en Seine-et-Marne.
  • 2018 : le Département de Seine-et-Marne lance l’élaboration d’un schéma de développement de la méthanisation sur son territoire financé par la Région Ile-de-France et l’ADEME.
  • 2020 : La Seine-et-Marne s’engage pour accompagner la transition vers une énergie verte, décarbonée et renouvelable, en initiant une politique partenariale en faveur de la production de biométhane. La Préfecture de Seine-et-Marne, le Département de Seine-et-Marne, la Chambre d’agriculture de région Ile-de-France, la Région Ile-de-France, l’ADEME Ile-de-France, l’Association des Maires et des EPCI de France Seine-et-Marne (AMF77), le Syndicat départemental des énergies de Seine-et-Marne (SDESM), GRDF et GRTgaz signent la charte « CapMétha77 » pour soutenir le développement d’une filière durable de méthanisation en Seine-et-Marne, respectueuse de l’environnement et du cadre de vie des habitants. Ensemble, ils s’engagent pour une mobilité décarbonée adaptée grâce au BioGNV.
    • Octobre : Le Département lance le renouvellement de son marché d’exploitation du transport pour les personnes à mobilité réduite (PAM77) incluant l’utilisation fonctionnant au BioGNV
    • Décembre : mise en service en Seine-et-Marne, du 200e site français de méthanisation sur la commune de Thieux appelé « Énergie verte Roissy ».
  • 2021 : Présentation du schéma directeur BioGNV en Seine-et-Marne et lancement du dispositif CapBioGNV avec les fédérations professionnelles de transporteurs, du BTP, collectivités et syndicats de déchets, acteurs du développement économiques…
    • Juin : mise en service de Charny Énergies, 15e site de méthanisation seine-et-marnais sur la commune de Charny.
    • Septembre : la Compagnie Fermière Benjamin & Edmond de Rothschild se dote d’une unité de méthanisation à la ferme au sein de la Ferme des Trente Arpents (Favières).
    • Octobre : le Département de Seine-et-Marne « verdit » sa flotte de véhicules. Deux camions à motorisation gaz (Bio-GNC) ont été livrés à la direction des routes du Département. Ils serviront au transport de marchandises en hiver (sel, gravillons, terre, etc.) et aux travaux d’enduits superficiels en période estivale.

VERS LE BIOGNV, QUELS ACCOMPAGNEMENTS À VENIR ?

En 2022, le Département de Seine-et-Marne et ses partenaires se dotent d’un dispositif unique en Ile-de-France, la stratégie CapBioGNV77 pour faciliter l’aménagement de stations d’avitaillement publiques de bioGNV sur son territoire et accompagner la mutation des flottes captives des acteurs publics et privés. Une des actions prévues est la mobilisation et l’animation d’un réseau d’acteurs, lancent le Club « CapBioGNV », dont la première Matinale aura lieu le 14/02/2022. Ses champs d’actions du club seront larges : conseils aux entreprises, création et diffusion d’outils d’aide à la décision, facilitation des projets, animation des réseaux…

L’accompagnement des acteurs seine-et-marnais vers le BioGNV sera au cœur de toutes les actions, avec une attention particulière à l’information et à la sensibilisation des entreprises. Qu’est-ce qu’une Zone à Faible Emission mobilité (ZFEm) ? Quels sont les enjeux, contraintes et obligations pour les entreprises ? Quels sont les enjeux liés aux énergies actuelles ? Quels sont les pratiques en termes de flotte de véhicules (types de véhicules, besoins, attentes, projet de renouvellement, …) ? Autant de questions qui seront décryptées lors des interventions du Club. Visites de stations GNV, exposition de véhicules, retours d’expériences d’entreprises de toutes tailles et bien d’autres animations complèteront cet accompagnement.

En 2020, il s’est vendu en France plus de bus GNV que de bus diesel. 22% des bennes à ordures ménagères vendues en France en 2020 sont au GNV et 75 % de la flotte de bus et cars d’IDF Mobilités sera au GNV d’ici 2029. En Ile-de-France, le déploiement de stations publiques est en avance sur les objectifs nationaux. Avec le développement du e-commerce et la croissance des livraisons, disposer d’un maillage fin de stations publiques au plus près des agglomérations devient tout aussi nécessaire.

Aujourd’hui du côté de la Seine-et-Marne :

  • 22 sites de méthanisation injectent du gaz vert dans les réseaux gaziers du territoire, soit l’équivalent de 67 000 logements neufs chauffés à l’année au gaz ou plus de 1 600 bus roulant au BioGNV.
  • 10 stations GNV publiques sont en service sur le territoire, et 3 nouvelles stations sont prévues pour 2022.

À terme, c’est l’équivalent de 290 000 ménages (sur les 540 000 que compte le département) qui pourraient être alimentés en gaz renouvelable pour les usages quotidiens (chauffage et autres usages domestiques). Tandis qu’à l’horizon 2030, trente stations publiques proposant du BioGNV pourront alimenter 6 000 poids lourds.

La Seine-et-Marne tient à conserver sa place de pionnier dans le déploiement du BioGNV au service des entreprises et des habitants du territoire. Elle concentre à présent ses actions pour faciliter la mise en œuvre de la transition énergétique de son écosystème.

DOCUMENTS UTILES À TÉLÉCHARGER :

TÉMOIGNAGES D’AGRICULTEURS ET AGRICULTRICES DE SEINE-ET-MARNE ÉGALEMENT MÉTHANISEURS

Sources de l’article :

  • www.ecologie.gouv.fr
  • Note rapide n° 794 de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France
  • Newsletter n°8 « Ensemble » et blog de GRDF Île-de-France
  • Webinaire du Département de Seine-et-Marne « Déploiement du BioGNV en Seine-et-Marne »